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Le portrait d’Iris


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Extrait du livre

– Voyez-vous, j‘ai tué le tigre mais ce n’était pas suffisant… Oh non.

La voix de l’homme était basse, chaude et enveloppante. Il la regardait légèrement de côté, avec un subtil sourire immobile, presque douloureux. D’ordinaire, Ava veillait à ce que les êtres et les événements n’aient pas de prise sur elle, mais cette fois, sa curiosité était piquée. Ce n’était pas la beauté animale de cet homme qui la fascinait mais plutôt les rouages de cette rencontre qui n’était certainement pas due au hasard.

A l’évidence, l’Anglais était de ces hommes habitués à ce que le cours des choses s’inversât pour peu qu’ils en aient le désir, aussi ne semblait-il pas pressé. Laissant son singulier discours en suspens, il s‘abîma dans la contemplation du jardin lové dans la nuit, en contrebas.

Mais c’était comme un poison qu’il venait d’instiller. Pour échapper au malaise qu’elle sentait croître en elle, Ava songeait à regagner la foule et la touffeur des salons quand elle sentit le regard de l’inconnu peser à nouveau sur elle. Il passa un doigt sur ses lèvres, sembla hésiter, se décida.

– J’ai une requête à vous adresser, Mademoiselle Harper.

La brise fraîchissait. Ava repoussa une mèche de son front et ramena l’étole sur ses épaules. Au loin, l’orchestre attaqua un foxtrot endiablé. Ava reconnut « Standing on the porch », un des airs préférés de Daniel.

– Le portrait de mon épouse… Iris. Voulez-vous faire ça pour moi ?

Malgré elle, la jeune femme entra dans son jeu.

– Le portrait de votre épouse ? De quoi m’attirer les foudres de votre amie la comtesse… Je ne suis pas sûre d’y survivre, cette fois.

Il émit un petit rire rauque.

– C’est vrai qu’elle ne vous aime pas beaucoup. Mais n’ayez crainte, je veillerai sur vous.

Un pli dur comme un coup de canif apparut entre ses sourcils. Il cessa de badiner.

– Le ferez-vous ?

– Je regrette, c‘est impossible.